SESSION 6 : CULTURES ET LANGUES, LA PLACE DES MINORITES

Langues majoritaires, langues minoritaires, dialectes et NTIC

SIMON PETERMANN

Professeur
Université de Liège
Belgique

 Cioran avait raison : « On n’habite pas un pays, on habite une langue ». Il convient de prendre cette métaphore à la lettre. Habiter une langue, c’est y manger, y dormir. Se laver, s’habiller, travailler, penser, en bref, vivre et mourir… rien de tout cela n’est rigoureusement identique en français, en allemand, en anglais, en japonais, en russe ou en chinois. L’essentiel n’est pas que les façons de nommer les mêmes gestes sont différentes, les gestes eux-mêmes varient selon l’idiome. Postures du corps ou manières de sentir, les actes de la vie ont lieu dans et par une langue. L’enchaînement des idées, le découpage du monde, tout change d’un parler à un autre. Dans nos sociétés multiculturelles, on feint de ne plus y prendre garde. Mais on oublie que ces univers distincts ne correspondent qu’à peu près, et même quelquefois de fort loin. C’est qu’il convient de communiquer de plus en plus rapidement et efficacement sans souci apparent des vocables, de la résistance des syntaxes ou de la distinction des sémantiques. L’usage de plus en plus répandu du courrier électronique risque de provoquer à terme un appauvrissement de la langue.

Le français se trouve aujourd’hui dans une situation paradoxale. Il recule et avance à la fois dans le monde. Il progresse en effet en valeur absolue (de plus en plus de gens le parlent) et régresse en valeur relative (le pourcentage de francophones recule, notamment en raison de l’augmentation de la population mondiale). La mondialisation n’arrange pas les choses. Une sorte d’anglais basique, et non la langue de Shakespeare, s’impose aujourd’hui comme la nouvelle lingua franca au niveau international. Cette présence massive n’affecte cependant pas l’existence des autres grandes langues dans le monde. On peut parfaitement être francophone et utiliser l’anglais dans sa vie professionnelle. On peut avoir les yeux rivés sur CNN sans pour autant négliger TV5. De plus, l’usage de l’anglais (même basique) permet de communiquer avec des peuples non francophones et donc de s’ouvrir à d’autres cultures. Le dialogue interculturel n’est d’ailleurs souvent possible au départ que par l’entremise d’un vecteur. Le rôle des NTIC dans le dialogue interculturel peut s’avérer essentiel. Internet constitue à cet égard un lieu privilégié de rencontres et de dialogues, mais également, il faut bien le constater, d’affrontements.

Dans les organisations internationales à caractère intergouvernemental, la multiplicité des langues pose un vrai problème à tel point que certaines d’entre elles se contentent de deux langues officielles (l’OTAN par exemple). L’élargissement de l’Union européenne à vingt ou trente pays dans les années à venir posera des problèmes linguistiques insurmontables si on ne fait pas le choix de trois ou quatre langues vernaculaires. Le budget consacré aux traductions est aujourd’hui impressionnant et la situation devient progressivement ingérable.

Si de nombreux dialectes et mêmes des langues disparaissent, l’anglais n’est pas ici en cause.  Pour qu’une langue ait de réelles chances de survivre, il est nécessaire  qu’elle soit utilisée par une société dynamique. Lorsqu’une langue occupe une place importante dans le processus de développement d’une société, on sort de la logique de la simple « maintenance ». Dans le cas contraire, le maintien en vie de dialectes qui représentent un état généralement révolu de la société au sein de laquelle ils subsistent constitue à la fois un but irréalisable et sans intérêt autre qu’archéologique. Il en va de même pour des langues minoritaires dont les locuteurs restent repliés sur la nostalgie d’un stade de la société dans lequel leur langue était vivante.

Il faut œuvrer pour que les langues minoritaires soient en situation de se développer si des populations en nombre suffisant décident librement de les choisir.

Aujourd’hui, tous les conflits ethniques et toutes les tensions culturelles posent le problème de la définition des minorités linguistiques et du dénombrement de leurs membres. Or, le degré d’appartenance à un groupe culturel fondé sur la langue varie considérablement d’une minorité à l’autre. Les minorités linguistiques vont et viennent, apparaissent et disparaissent au cours de l’histoire. Certaines minorités disparaissent définitivement alors que d’autres, après une période de refoulement plus ou moins longue, surgissent de l’obscurité historique à la faveur d’une mobilisation ethnique.

Ces minorités linguistiques n’existent que si elles sont portées par leurs membres et reconnues comme telles par d’autres groupes linguistiques ou culturels qui font partie de leur environnement. Cette reconnaissance est vraie pour tous les groupes sociaux mais dans ce cas il n’existe pratiquement pas de critères précis et évidents pour définir une minorité linguistique. Celle-ci s’identifie presque toujours, à tort ou à raison, à un groupe ethnique, qui serait doté de caractéristiques originales. Depuis quelques décennies, la reconnaissance des cultures minoritaires et régionales dans l’Europe communautaire a donné à leur préservation un nouvel élan.

Le statut des langues nationales majoritaires repose sur des facteurs politiques et sociaux. Ces langues ne sont pas linguistiquement supérieures, mais elles se sont normalisées et font partie de la structure de l’Etat et de la nation. Danois, Norvégiens et Suédois se comprennent les uns les autres, du moins les plus cultivés d’entre eux et, de fait, leurs langues diffèrent moins les unes des autres que les dialectes de certaines familles linguistiques. Elles sont pourtant considérées comme des langues différentes et séparées.

Les dialectes, en revanche, ne sont pas autonomes car ils se définissent en référence à une langue normalisée. Le terme « dialecte » possède d’ailleurs une signification socio-politique car il évoque un élément de subordination. Cet élément de subordination se retrouve dans la distinction entre langue majoritaire et langue minoritaire, mais il est différent. Les locuteurs des langues minoritaires réclament souvent leur autonomie par rapport à la langue de la majorité. Cette autonomie peut cependant être d’un degré et d’un genre très différents. Dans certains cas, le berceau de la langue se trouve dans le pays voisin (les Hongrois en Roumanie, Slovaquie et Serbie) . Dans d’autres, ce sont les représentants de la minorité eux-mêmes qui réclament l’autonomie pour leur langue (les Bretons, les Catalans, les Corses, etc.). La différence entre une langue minoritaire et un dialecte est d’ailleurs dans bien des cas difficile à faire. Un dialecte se transforme en une langue minoritaire dès lors que ses locuteurs réclament l’autonomie et commencent à normaliser leur langue.

Le destin des langues passe évidemment par les outils qui en permettent l’écriture. Aujourd’hui les techniques de traitement automatique des langues – de l’informatisation des banques de données à la traduction assistée par ordinateur – rencontrent la nécessité de maîtriser les problèmes de l’écriture. L’unification d’une langue ne peut se concevoir sans un effort de normalisation aussi bien au niveau du système de codification graphique qu’à celui de la stabilisation des normes concernant le vocabulaire et la syntaxe. La création de dictionnaires électroniques, par exemple, garantit l’accès des langues qui les possèdent aux outils informatiques essentiels dans l’avenir. De plus, il ne faut pas perdre de vue que la modernisation de la terminologie dans les divers secteurs d’activité industrielle est de la plus haute importance pour renforcer le poids économique d’une langue. Les grands pays francophones ont conscience du défi devant lequel cette évolution technologique les place. Mais la concurrence de l’anglais dans ce domaine est féroce. Pour ce qui est des langues minoritaires, des initiatives intéressantes ont également été prises. Les Catalans, par exemple, se sont dotés d’une banque de terminologie, TermCat depuis plus d’une dizaine d’années.

Sans l’utilisation des technologies nouvelles, et notamment Internet, une langue minoritaire ne pourra à la longue survivre. Les NTIC ne garantissent évidemment pas à elles seules l’existence d’une langue minoritaire. Il fallait pour cela une protection juridique, tant au niveau national qu’au niveau européen.

Le cas de la Belgique est assez exemplaire à cet égard. Le français était la langue majoritaire en Belgique au 19e et dans le premier quart du 20e siècle.  Ce n’est plus le cas aujourd’hui. A l’époque, le français était la langue de la bourgeoise, du commerce et de la culture et cela ne choquait personne. C’était un monde différent dans lequel le peuple n’avait pas encore sa place. Le petit peuple flamand, pourtant majoritaire dans le Nord du pays, ne parlait que des dialectes variables d’une région à l’autre. A Bruxelles, le peuple s’exprimait dans un étrange sabir que seuls les lecteurs bruxellois d’Hergé, le père de Tintin, comprennent encore.

 Il n’empêche que très tôt le mouvement flamand va s’affirmer par la voix et la plume du clergé proche du peuple et de littérateurs (les « taalminnaren » [1] ) révoltés par les discriminations dont sont victimes les Flamands. Cette couche intellectuelle nouvelle venue considère que la langue est l’âme du peuple (« de taal is het ganse volk » [2] ) et donc la condition première et absolue de son émancipation. Il faudra cependant attendre près de quarante ans (1873) pour voir apparaître la première législation sur l’emploi des langues en matière judiciaire (jusque-là il était impossible pour un inculpé flamand de se faire juger dans sa langue !). La loi sur l’emploi des langues en matière administrative est votée en 1878 et en 1883, celle sur l’emploi des langues dans l’enseignement. Ce n’est qu’en 1898 qu’une loi établit le principe de l’équivalence sur le plan juridique des textes flamands et français des lois et arrêtés royaux.

Pendant la Première guerre mondiale, l’indignation des milieux culturels flamands est à son comble face à des situations où les fils de familles rurales et ouvrières flamandes, généralement analphabètes, sont commandés par des officiers francophones ne comprenant pas la langue de leurs subordonnés, ce qui provoqua des tragédies [3] . Un mouvement illégal de protestation flamingant (le « frontbeweging  [4] ») organisa des manifestations de soldats. Son programme ne revendiquait pas seulement la scission de l’armée en régiments flamands et en régiments wallons mais au-delà l’unilinguisme de la Flandre et son autonomie administrative. Ces revendications demeurent toutefois sans écho dans une Belgique où le patriotisme de la majorité s’oppose à la « barbarie teutonne » [5] . Elles reviennent cependant en force après la guerre.

La poussée du nationalisme flamand s’accentue en effet pendant l’entre-deux-guerres (1919-1939). La lutte pour la défense de la langue flamande se focalisera autour de la « flamandisation » de l’Université d’État à Gand, revendication qui sera finalement satisfaite en 1930. En 1932, une nouvelle loi sur l’emploi des langues institue l’unilinguisme en Flandre et en Wallonie et le bilinguisme à Bruxelles où, selon les termes de la loi « nul ne peut exercer une fonction le mettant en rapport avec le public s’il ne connaît les deux langues nationales ». Pour les communes où se trouvent des minorités linguistiques on invente un système de « facilités ». C’est ainsi que les habitants francophones de la périphérie bruxelloise obtiendront le droit d’utiliser leur langue maternelle dans les rapports avec l’administration, droit aujourd’hui remis en cause par les nationalistes flamands les plus radicaux.

La Seconde guerre mondiale n’arrange pas les rapports entre les deux communautés. Certaines composantes du nationalisme flamand (mais aussi des Wallons) choisiront ouvertement la collaboration avec les nazis dans l’espoir d’obtenir l’indépendance de la Flandre (comme les Slovaques ou les Croates en Europe centrale). La défaite de l’Allemagne porte un coup très dur au nationalisme flamand le plus radical. Beaucoup d’activistes qui s’étaient engagés dans la collaboration furent arrêtés et condamnés, certains à mort. La répression de l’incivisme s’opéra dans un climat passionné [6] . Les chiffres montrent qu’il y eut une proportion très semblable, dans chacune des régions du pays, de collaborateurs ayant commis des actes graves. Mais il y eut une différence de climat sensible, sanctionnant en Flandre un plus grand nombre d’actes peut-être moins graves, ce qui entraîna ultérieurement la revendication de l’amnistie, inscrite depuis au nombre des revendications récurrentes du mouvement flamand [7] .

Mouvement flamand et mouvement wallon ne vécurent pas au même rythme les temps de la Libération et de l’après-guerre. En réaction au mouvement flamand qui est né pratiquement en même temps que l’État belge, le mouvement wallon naît quelque soixante ans plus tard, en 1890. A sa naissance il est bien loin d’être représentatif de l’opinion wallonne dans son ensemble. Si le Catéchisme du Wallon (1902) du comte Albert du Bois, défend d’emblée la thèse de l’identité française de la Wallonie, Jules Destrée, député socialiste, après avoir déclaré dans sa célèbre « Lettre au Roi » (1912) : « Sire, Vous régnez sur deux peuples. Il y a en Belgique, des Wallons et des Flamands ; il n’y a pas de Belges », préconise « une Belgique faite de l’union de deux peuples indépendants et libres, accordés précisément à cause de cette indépendance réciproque ». Cette « Lettre au Roi » restera une référence majeure du mouvement wallon au cours de son développement ultérieur. Ces deux opinions demeurent aujourd’hui répandues dans l’opinion wallonne. La première sous la forme d’un minuscule mouvement favorable au rattachement de la Wallonie à la France. La seconde parmi les tenants d’un fédéralisme authentique.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’idée du fédéralisme fait des progrès dans l’opinion wallonne, mais les grands affrontements politiques qui dominent alors la vie politique belge (la question royale et la question scolaire, par exemple), s’ils divisent profondément le pays – le rapport de force étant chaque fois différent, en Flandre, d’une part, en Wallonie et à Bruxelles d’autre part –, ont en même temps pour effet de renforcer l’unité des partis nationaux. Les problèmes communautaires connaissent à l’époque une période de latence résultant de la restauration d’institutions unitaires inchangées, résultant aussi de la politique de répression dont certains crurent qu’elle mettrait fin au mouvement flamand. Celui-ci va pourtant reprendre force et vigueur dans les années cinquante. Jusque là toute perspective de changement institutionnel reste problématique.

Tout va changer dans les années 1958-1961 à cause des problèmes politiques (le Pacte scolaire de 1958 qui met fin à la guerre entre les réseaux d’enseignement officiel et catholique et qui de ce fait libère des énergies qui peuvent alors se mobiliser sur d’autres enjeux) et économiques (à partir de 1961 la Flandre va progressivement supplanter la Wallonie, région de vieille industrialisation). Pendant cette période, le mouvement flamand va connaître un nouvel essor. Enfin, la grève générale de l’hiver 1960-1961 dirigée contre un projet gouvernemental d’austérité mettra en avant les mots d’ordre de fédéralisme et de réformes de structure. A partir de là, les oppositions politiques vont  fréquemment se cristalliser autour de questions linguistiques et de questions économiques régionales.

Quelques années plus tard, ces oppositions vont provoquer l’éclatement des grands partis nationaux. Les grandes familles politiques traditionnelles qui dominent la vie politique de la Belgique depuis son indépendance, les fameux « piliers » [8] , vont se scinder en partis flamands et en partis francophones.

La législation linguistique de 1962-1963 négociée par les divers partis consacre pour l’essentiel les principes de la législation de 1932 évoquée plus haut. La frontière linguistique est définitivement fixée en 1963. La capitale du pays, Bruxelles, qui se trouve géographiquement au nord de la frontière linguistique, donc en région flamande, est enfermée dans une sorte de « carcan » constitué par 19 communes pour éviter l’extension de la « tache d’huile » francophone [9] . Cette nouvelle législation consacre également le régime des « facilités » dans six communes périphériques de Bruxelles. Dans certaines de ces communes flamandes, les francophones sont depuis lors devenus largement majoritaires. Le compromis de 1963 sera générateur de nouvelles insatisfactions.

C’est en 1970 qu’apparaissent, lors de la troisième révision de la Constitution, les notions de « communautés » et de « régions » qui annoncent la grande réforme de l’État belge. Tout cela se produit sur fond de crises (notamment dans la petite région des Fourons rattachée à la province du Limbourg flamand) mais le dialogue communautaire va se poursuivre. La quatrième révision de la Constitution, dix ans plus tard, va tenter de parfaire cette structure fédérale complexe mais ce n’est qu’en 1994 que l’actuelle forme de l’État est arrêtée. La constitution du 17 février 1994 signifie clairement dans son article premier que la Belgique n’est pas constituée de citoyens Belges, mais qu’elle « est un État fédéral qui se compose des communautés et des régions ». Elle permet aux trois communautés (flamande, francophone et germanophone) et aux trois régions (bruxelloise, flamande et wallonne) de se mouvoir à l’intérieur de structures qui leur sont propres tout en observant, du moins en principe, une loyauté fédérale.

Comme le montre cette énumération, il n’y a pas coïncidence entre ces diverses entités, car l’élément constitutif déterminant de la communauté est la culture et la langue, celui de la région est le territoire. Les Bruxellois qui appartiennent à une seule et même région se répartissent entre les deux grandes communautés, française ou flamande. La communauté germanophone fait partie intégrante de la région wallonne. Les compétences de la communauté couvrent les domaines culturels et éducatifs, celle de la région concernent le territoire et son économie. Mais cette répartition reste cependant théorique. Les Flamands se sont dotés d’un conseil et d’un exécutif, exerçant à la fois les compétences de la communauté et de la région, tandis que du côté wallon, les organes communautaires et régionaux sont séparés. Dans la capitale, Bruxelles, n’existent pas moins de cinq entités, toutes dotées de la personnalité juridique : la région, l’agglomération des dix-neuf communes, la commission communautaire française, la commission communautaire flamande et la commission communautaire commune. Les entités qui composent la Belgique sont actuellement présentes sur le Web. 

 Comme on peut le constater à la lumière de l’expérience belge, la politique d’aménagement linguistique demande parfois de réels efforts d’imagination portés par une volonté politique. La machinerie mise en place est souvent remise en cause par de nouvelles évolutions. A chaque fois, un nouvel effort d’adaptation doit être fait pour que la population concernée puisse continuer à user de sa langue, car compromettre la liberté d’usage d’une langue, c’est, en quelque sorte, porter atteinte à l’intégrité de la personne humaine.

Mais la langue ne doit pas être fermée sur elle-même, contrainte à d’étranges contorsions pour dire son temps. Il n’est pas certain que l’uniformisation du monde soit inéluctable. Mais revenons au   français. Placé entre le grand héritage littéraire et les techniques de pointe, parlé sur les cinq continents, assez présent sur le Web, le français peut et doit jouer un rôle utilement perturbant dans un univers massivement anglophone et sans doute destiné à le devenir de plus en plus. Reste à savoir de quelle nature devraient être et cette résistance et cette perturbation. Les francophones devraient utilement s’interroger sur ces questions. Et savoir, autant que faire se peut, comment ils habitent aujourd’hui leur langue.


[1] Littéralement « les amants de la langue ».

[2] La langue est l’âme du peuple.

[3] La loi sur l’emploi de la langue flamande à l’armée a été votée en 1913 mais n’a été appliquée qu’en 1917. Entre-temps des soldats flamands ont été condamnés pour indiscipline parce qu’ils n’avaient pas compris les ordres ou pire, sont morts au combat

[4] « Le mouvement du front » fut une expression originale du mouvement flamand. Il fut créé et animé par des intellectuels flamingants sous les armes et par des prêtres engagés volontaires en qualité de brancardiers.

[5] Tout récemment, le ministre allemand de la défense s’est rendu dans la ville de Dinant qui avait été le théâtre de massacres perpétrés par l’armée allemande en 1914, pour présenter les excuses officielles de l’Allemagne et implorer le pardon des habitants de la ville. 

[6] Au total, les condamnations frappèrent 0,64 pour cent de la population du pays, soit 0,73 pour cent de la population flamande, 0,52 pour cent de la population wallonne et 0,56 pour cent de la population de la capitale.

[7] Récemment encore, un ministre régional flamand fut contraint à la démission pour avoir assisté à une réunion d’anciens nazis flamands célébrant la bravoure de ceux de leurs compagnons tombés sur le front russe.

[8] Les familles politiques étaient constituées en Belgique par un ensemble d’organisations, politiques, sociales et économiques qui formaient les « piliers » du système politique.

[9] La majorité des habitants de Bruxelles sont francophones (85 pour cent).