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Démocratiser l'accès au savoir en ligne par la normalisation

Michel Arnaud

CRIS SERIES

Université de Paris X

mèl : arnaud@ext.jussieu.fr


Résumé

Les avantages économiques de la normalisation sont évidents : outre la maintenance des dispositifs d’apprentissage en ligne qui s’en trouve simplifiée et facilitée du fait de l’existence de routines standardisées et bien documentées, l’objectif de l’interopérabilité peut être abordé et construit de manière cohérente. Les normes de fait étant obtenues par le résultat des rapports de force entre grands éditeurs de logiciels, on peut dire que les instances de normalisation ont joué pour le moment office de chambre d’enregistrement, en validant le résultat des choix du marché, alors qu’elle pourraient avoir un autre rôle.

Cette communication tente de démontrer le bien-fondé de l’implication de tous les acteurs concernés dans les négociations internationales au sein de l’ISO, relatives à la préparation des normes pour les dispositifs d’apprentissage en ligne, garantie de la prise en compte de leurs besoins spécifiques. Après un état des lieux des dispositifs utilisés et des instances de normalisation, les aspects envisagés dans cette communication concernent la normalisation des développements d’interfaces entre composants de dispositifs d’apprentissage en ligne. Dans ce cadre, une attention particulière est à porter au développement des Web services (SOAP, J2EE) où des protocoles normalisés d’opérations entre composants sont à préciser. Les pouvoirs publics devraient apporter leur soutien au développement des logiciels ouverts dans le cadre de dispositifs promouvant le bien public éducatif régional.


Etat des lieux

Il convient d’abord d’examiner les résultats des pratiques actuelles d’apprentissage en ligne afin d’en extraire quelques recommandations relatives à la meilleure manière de répondre aux besoins des utilisateurs. L’objectif est de pouvoir proposer des modèles d’interactions qui fonctionnent correctement et remplissent les objectifs fixés tant vis-à-vis des étudiants que des enseignants et des administrateurs des dispositifs. Les trois types de dispositifs mentionnés ci-dessous représentent des variantes successives qui ont été mises au point en fonction des demandes telles qu’elles ont été expérimentées et auxquelles des réponses ont été apportées avec plus ou moins de succès. Mais ils ne représentent pas la totalité des pratiques d’apprentissage en ligne en vigueur.

Par ailleurs, les instances de normalisation à l’ISO (International Standard Organisation : Organisation internationale de normalisation) concernant les technologies pour l’éducation, la formation et l’apprentissage, à savoir le sous-comité 36 (ISO/JTC1/SC36 : International Standard Organisation/Joint Technical Committee 1/Sub-committee 36, Sous-comité 36 du Comité Technique Joint 1 de l’Organisation internationale de normalisation), sont en train de préparer les futures normes qui permettront l'interopérabilité des applications, la compatibilité des plates-formes et faciliteront le partage du marché entre les principaux fournisseurs de formations à distance, selon une approche majoritairement dictée par les grands éditeurs de logiciels, s’il n’y a pas de réaction de la part des pays participants qui proposeraient une autre approche de la normalisation.


Instances de création des normes ISO dans le contexte de l’apprentissage en ligne
Le sous-comité ISO/JTC1/ SC36

Le sous-comité ISO/JTC1/SC36 existe depuis le début de l'année 2000 et a tenu sa première réunion en mars 2000 à Londres. Il est chargé d'élaborer une série de normes internationales concernant les technologies pour l’éducation, la formation et l’apprentissage. Deux réunions plénières sont prévues chaque année où est votée la poursuite des travaux dans les différents groupes de travail. Le processus pour arriver à l’adoption d’une norme consiste à proposer d’abord un domaine de réflexion sur un aspect particulier à normaliser : système de gestion des plates-formes, compétences de l’apprenant, techniques collaboratives par exemple. Si ce domaine rencontre l’intérêt des autres experts participant aux réunions, un groupe de travail international est constitué, sous la direction du pays qui a proposé le domaine à normaliser, dont la tâche consiste à écrire une première version de la norme et à la faire approuver par la majorité des pays participant aux travaux. Les groupes de travail au sein d'ISO/JTC1/SC36 s'intéressent à la normalisation du vocabulaire, des techniques collaboratives spécifiques aux environnements éducatifs, des architectures, des systèmes de gestion des plates-formes, des contenus de formation (description des contenus sous forme de métadonnées, formats des contenus, structures, contrôle des programmes...), des informations sur l'apprenant.

La phase de mise en forme finale d’une norme consiste à passer à l’instance supérieure, le JTC1, pour adoption, enregistrement et publication de la norme en question qui est à partir de ce moment en vigueur. Il faut environ deux à trois ans pour faire adopter une norme, sauf dans le cas où ses promoteurs choisissent d’utiliser la procédure rapide (fast track) qui raccourcit la période de concertation au sein du groupe de travail. Les normes actuellement discutées au niveau international au sein d'ISO sont un point de passage obligé pour obtenir la certification dont l'enjeu est le marché mondial de l'éducation: participer activement à l'élaboration de ces normes donne un avantage compétitif à un industriel dans la mesure où il peut orienter ses développeurs de telle sorte que son produit soit certifié conforme aux normes quand il sera mis sur le marché. De la même manière, le fait que les normes soient extrêmement coûteuses à respecter en termes de temps de développement pour que les produits soient conformes, provoque une élimination de fait des petites compagnies qui doivent se contenter d’être des sous-traitants, car souvent des brevets sont pris dans le cadre du développement de ces normes par les grands compagnies pour mieux en contrôler par la suite les usages.


Rôle de l’IEEE

D’un point de vue pédagogique et culturel, l’uniformisation en cours conduit à très peu de variantes des modèles développés. Les réseaux numériques contribuent ainsi à généraliser une approche culturelle particulière, telle que la conçoivent des experts techniques occidentaux, le plus souvent nord-américains, et qui véhicule des modèles spécifiques de connaissances, d’apprentissage, de conception de la pédagogie et de critères d’évaluation. Les différents spécialistes se retrouvent dans une organisation centrale qui a le rôle essentiel de pôle de réflexion et de proposition (think tank) en la matière, qui est l'IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) : Institut des Ingénieurs en électricité et électronique). Depuis 1998, l'IEEE pilote le comité de normalisation des technologies éducatives IEEE/LTSC (Learning Technology Standards Committee). Ce comité comprend 20 groupes de travail qui couvrent l’ensemble des champs à normaliser dans l’apprentissage en ligne : métadonnées, informations sur l’étudiant, gestion des contenus, de l’interactivité, etc.. En tant qu’organisation accréditée pour développer des normes, l'IEEE soumet les projets de standards développés au sein de son organisation à l’Institut national américain de normalisation (ANSI : American National Standard Institute) qui lui-même les présente à l'ISO. L’aspect paradoxal est que l’adhésion à l’IEEE est faite à titre individuel et sur une base volontaire. Autrement dit, toute personne peut s’autoproclamer experte dans le domaine de l’apprentissage en ligne et demander à adhérer à IEEE/LTSC. Selon ce schéma, nous constatons une approche bien particulière de la gouvernance à la manière anglo-saxonne, où des individus sont amenés, sans avoir reçu de mandat électif ou de délégation officielle de la part des citoyens, à décider en leurs noms propres d’aspects qui pourraient avoir un grand impact sur les usages du grand public dans les années à venir ou qui en tout cas sont conçus dans ce but. On peut facilement constater que le nombre de consultants pour l’industrie des logiciels est élevé parmi les membres des groupes d’IEEE/LTSC au point qu’un représentant irlandais au SC36 a pu s’interroger sur l’éventualité que ce sous-comité serve simplement de chambre d’enregistrement aux propositions d’IEEE/LTSC.


Le groupe « miroir » AFNOR

La commission de normalisation "technologies pour l'éducation, la formation et l’apprentissage", ouverte à tout adhérent AFNOR (Association française de normalisation), est le "miroir français" du sous-comité. Elle est constituée de représentants issus du monde académique et scientifique, de l'industrie ainsi que d'utilisateurs et est présidée par Jacques Perriault (professeur à l’Université de Paris-X Nanterre) [PER 02],[PER 02bis]. Des sous-groupes de travail ont été constitués afin d’étudier les divers dossiers ouverts à la négociation internationale de telle sorte qu’une position française puisse à chaque fois être dégagée et défendue dans les réunions plénières. Des positions originales sont élaborées sur les différents chantiers en cours, avec précisément comme préoccupations la défense des intérêts des utilisateurs finaux et la volonté de définir les modalités de l’apprentissage en ligne comme bien public international. La réflexion menée dans le cadre de la commission par les experts concernés a abouti aux constatations suivantes [SAI 02].

Face à l’organisation institutionnelle des normes au niveau mondial, et plus spécifiquement pour les dispositifs d'apprentissage en ligne, un décalage est nécessaire entre les lieux institutionnels de la normalisation et les entreprises dominantes qui ont tendance à vouloir imposer leurs propres standards en guise de normes. S'intéresser à la normalisation conduit ainsi à des interrogations sur les implications des normes sur les dispositifs d'enseignement, en particulier dans l’industrie de la connaissance. La prise en compte des usages des étudiants et des enseignants est jusqu’à présent peu présente. L’élaboration de normes flexibles permettrait de mieux répondre à l’évolution de la demande.


Le processus de normalisation des interfaces entre composants logiciels

Le processus de normalisation qui est en marche, n’est pas neutre. Si les normes sur l’enseignement à distance actuellement discutées au niveau international au sein de l'ISO deviennent, comme c’est prévu, le point de passage obligé pour obtenir la certification correspondante, l'enjeu qu’elles représentent n’est ni plus ni moins que le marché mondial de l'éducation. Les implications très concrètes sont en train d'apparaître : ces futures normes permettront l'interopérabilité des applications, la compatibilité des plates-formes et le partage du marché entre les principaux fournisseurs de solutions d’enseignement à distance. Les applications développées hors normes n’ont aucune chance de pouvoir être exportées, si tant est qu’elles puissent encore séduire les institutions publiques.

Il n'y a aucune raison de définir des normes qui ne correspondent pas à des utilisations réelles. Pourtant le risque existe, et dans ce cas, il y a de fortes chances que ce type de norme ne soit jamais vraiment mis en oeuvre parce qu'il ne répondra pas aux besoins du marché. En ce qui concerne l’apprenant en ligne, les utilisations sont encore expérimentales. Il semble nécessaire d'impliquer des utilisateurs finaux et parmi eux, en particulier les apprenants, les tuteurs et les enseignants, pour recueillir leurs réactions sur ce que l'on leur offre par rapport aux objectifs fixés. De plus, vouloir mettre en place des normes bien définies alors que le champ du « e-learning » est toujours dans une phase exploratoire, semble contradictoire : il n'y a aucune raison de figer les processus et les protocoles alors que les utilisations se développent constamment. Bien que les normes permettent de stabiliser les systèmes, une modélisation trop hâtive gèlerait les utilisations encore à venir, en augmentant le conflit entre un rythme de renouvellement très rapide des outils techniques et le temps d'adaptation absolument nécessaire pour les enseignants, les tuteurs et les apprenants. Dans cette perspective, l'approche de normes plancher ouvertes (disponibles gratuitement), simples (faciles à comprendre et à mettre en oeuvre), évolutives (pour tenir compte des avancées technologiques et des objectifs du marché), apparaît une méthode intéressante pour préserver les points de vue des utilisateurs tout au long du processus de normalisation.

L’accord sur des standards plancher (de type tcp/ip, http, url) permet de donner du temps pour configurer des normes qui reposent sur l’observation d’usages stabilisés, ce qui implique aussi qu’ils se soient coulés dans des modes compatibles d’organisation du travail et d’apprentissage socialement acceptés. Car ces protocoles ne relèvent plus seulement du domaine technique : ils affectent désormais les modes d’organisation de la société ainsi que les processus d’apprentissage. Les définitions et spécifications fonctionnelles sont primordiales pour les développements logiciels : sans une analyse approfondie, il n'y a aucune chance pour que le processus de normalisation aboutisse à un succès. Une collaboration étroite des utilisateurs aussi bien que des observateurs de tests avec les développeurs de logiciels, est nécessaire pour identifier les obstacles importants, les directions à approfondir, les bonnes pratiques dans le processus d'apprentissage en ligne utilisant les outils de communication. Cette analyse fonctionnelle approfondie est importante aussi parce qu'elle permet de déterminer la manière dont les composants logiciels vont être organisés : chacun exécutera un groupe de fonctions associées, comme c'est le cas par exemple avec un outil de chat ou un outil de tableau blanc. L'utilisation pédagogique de données liées à un apprenant spécifique, implique pour construire son profil, de garder trace de probablement toutes ses actions dans l'espace où il interagit. Pour pouvoir utiliser ce type de données, il faut les avoir disponibles en premier lieu. Par conséquent, des spécifications précises sur le fichier de données où elles sont stockées, permettant d’analyser l'information sur le comportement de l'utilisateur dans l’espace d’interactions, doivent être écrites et incluses dans la proposition de normalisation concernant les productions d'entrées/sorties pour les outils de communication.

Une architecture fiable et stable des composants est nécessaire pour qu’ils répondent à une approche logiques et soient cohérents dans la durée les uns par rapport aux autres. La programmation objet définit précisément les composants de base (entité et session par exemple ou description sémantique de l’opération et des paramètres correspondants), qu’il convient d’agréger pour former une brique logicielle répondant à un ensemble de fonctionnalités sur lequel la communauté des pédagogues s’est entendue. Par exemple, comme le besoin d’interopérabilité grandit avec la multiplication des dispositifs, une norme de facto de communication entre les applications logicielles différentes est apparue avec le développement des services du Web. Le groupe de travail d'architecture des services du Web du W3C (consortium du World Wide Web) est responsable de la production d'une architecture de référence standard. Ce type d’accord sur les standards de base du marché, correspondant à des normes de facto comme XML et les services du Web comme SOAP, J2EE, etc.., permet de développer de manière cohérente les composants logiciels.


La place de la normalisation dans les dispositifs promouvant le bien public éducatif régional

L'utilisation des technologies numériques a des répercussions inévitables sur la pratique et l'utilisation des outils et matériels éducatifs. Elles contribuent aussi à généraliser un modèle culturel qui a été conçu et appliqué à l'Ouest. Si le Web doit devenir un espace commun partagé par le monde entier, il doit intégrer des approches diverses de l’apprentissage et accepter les différences culturelles. Une telle proposition se place à l’encontre du concept de globalisation libérale, où seulement le facteur économique est pris en considération. Les normes ne doivent pas être perçues comme des instruments visant à l'élimination des aspects régionaux et entre les mains d'acteurs industriels prépondérants, les imposant d’une telle façon qu'elles soient très difficiles et coûteuses à mettre en oeuvre, tactique qui peut être assimilée à une tendance protectionniste.

Il y a une solution dans l'approche des normes ouvertes, où les formats paramétrés définissent seulement les interfaces entre les composants logiciels qui peuvent être développés de diverses façons, les mieux adaptées aux besoins locaux et régionaux. L’option de normes ouvertes, simples et évolutives semble plus adaptée à une perspective où l'expertise est partagée sur une base égale tandis que la compétition économique reste présente, mais pas avec l'objectif d'un contrôle monopolistique. Des établissements publics peuvent promouvoir les utilisations publiques d'outils d'apprentissage en ligne et des procédures correspondantes en offrant le libre accès aux ressources éducatives et en soutenant les normes ouvertes aussi bien que l’open source comme une manière d'encourager le partage de connaissances.

La Commission européenne considère les normes comme un moyen de régulation du processus de globalisation. Par exemple, deux aspects pourraient être pris en compte pour mieux répondre à ses attentes. L'élargissement aux pays candidats de l'Europe de l'Est amène le besoin de prendre en considération les aspects éducatifs qui leur sont appropriés de même que la préférence collective fait que chaque Etat membre réagit différemment quand une directive européenne doit être appliquée. Une harmonisation européenne dans le cadre du CEN (Comité Européen de Normalisation [1]) doit être réalisée. Pour l'instant, seulement des recommandations sont publiées par les groupes de travail. Il est important qu'en pratique, les représentants du CEN soient les représentants attitrés des différentes commissions nationales des pays de l'Union Européenne au sein du SC36 et des autres organismes de normalisation, afin que l’adéquation entre normes internationales, européennes et nationales soit garantie..

L'Europe peut enrichir le processus de normalisation de l’ISO et influencer les nouvelles négociations dans ISO/JTC1/SC36 en proposant une nouvelle définition de normes de base visant à respecter les diverses identités culturelles aussi bien qu’abaissant le coût des outils d’apprentissage en ligne. Le sous-groupe de travail de la commission AFNOR CN36 sur les techniques collaboratives et les logiciels ouverts a pour mission de rédiger les premières recommandations de normes plancher en vue de la constitution d’un groupe de travail dans le cadre du CEN.

Par ailleurs, sera faite lors de la prochaine réunion plénière du SC36 à Paris en mars 2003, une proposition d’instauration d’une bourse d’échanges de briques logicielles ouvertes permettant d’assembler les outils d’apprentissage en ligne et de les adapter aux besoins locaux de formation. De cette manière, la communauté mondiale des chercheurs en informatique et des pédagogues intéressés par ce type de développement pourra à la fois contribuer à réaliser des modules et trouver ceux qui viendront compléter leurs dispositifs, dans un processus de collaboration à la fois pour la proposition de normes nouvelles et pour la réalisation de composants logiciels répondant aux spécifications approuvées.

Ces remarques permettent d'élargir le débat et de proposer l'approche des normes ouvertes liée à la méthode de développement par composants, comme un dispositif faisant partie de la définition d'un bien public éducatif régional éducatif. Parmi les multiples autres objectifs, citons la garantie du libre accès, obtenue en instruisant les établissements publics de négocier des taux préférentiels pour les équipements, les tarifs de télécommunications et les droits d'auteur. La notion de bien public éducatif recouvre aussi un autre aspect important, relatif au dialogue et à la nécessaire concertation entre pédagogues et informaticiens afin que les besoins pédagogiques soient d’abord exprimés, pris en compte et servent ensuite à valider les développements effectués.

Le bien public éducatif international concerne aussi l’extension à de vastes zones culturelles et géographiques des modèles d’interactions aussi bien pédagogiques que technologiques, avec les modifications à la clé à y apporter pour répondre aux habitudes et pratiques régionales. Dans ce contexte, la notion de bien public éducatif international va s’articuler dans le cadre de la normalisation, autour de la mise à disposition du code à titre gratuit aussi bien que de la documentation qui le décrit avec une approche normée de telle sorte que les développeurs de tous les pays du Nord et du Sud puissent tirer profit de cette base commune logicielle, ce qui ne signifie pas que ce type d’aide soit incompatible avec l’économie de marché.

[1] CEN : Comité européen de normalisation http://www.cen.org

 

version française

Evolution of eLearning standards

Michel ARNAUD


University Paris X (CRIS/SERIES)
Convener of the AFNOR group on collaborative technologies and eLearning platforms architectures
arnaud@ext.jussieu.fr

Summary

This paper proposes a shift in ISO policy to promote open, simple and extensible eLearning standards and therefore interact more with end-users communities supported by public and private institutions.

The global objective of our approach is to establish an international public space for knowledge sharing, allowing to reach more teachers and learners from the Southern developing countries, presently excluded for lack of public funding. One way to facilitate access to learning tools is to lower their prices by promoting open source and free software development. To choose basic development tools and provide open, simple and extensible standardized specifications as well as open source code, contributes not only to lower software prices but also to increase local expertise and to favor the creation of a local market for software development and maintenance. When time comes for certification of open source software development, thanks to the standardization process, products from the Southern developing countries will be recognized as good as proprietary ones.

Beyond the Northern educational public space, one can expect a compensation of North-South current knowledge access imbalance by the close collaboration of teachers and learners engaged in cross training projects, with a local production of contents and increased level of distributed expertise, whether for forums and chats use, information search, creation of institutional and personal sites, knowledge management. In other words, as the model of individual and private access to on-line knowledge has been proven not to be adapted to collective public usage in classroom for example, other models have to be proposed and tools experimented at regional and local levels. The combination of open standards and open source software could be an adequate option because it offers a possibility of expertise sharing and control by teachers and students themselves regrouped in communities of practices in different parts of the world.
Key issues

There is a need for reliable and stable architectures of eLearning platform components which remain consistent and coherent over time. For example, as the need for application-to-application and interoperability grows, a de facto standard of communication among different software applications has appeared with the development of Web services. The Web Services Architecture Working Group at W3C (World Wide Web consortium) is in charge of producing a standard reference architecture. Therefore, this kind of agreement on basic market standards, corresponding to de facto standards such as XML and Web services emerging standards such as SOAP, UDDI, WSDL, etc.., allows to develop coherently and consistently software components.

Characterization of eLearning as an international educational public good seems indispensable as a mean to open the market to larger layers than the upper crusts of wealthy users who can presently profit from on-line knowledge access. An effort is to be made in all ISO working groups within the sub-committee 36 to develop basic, open, simple and flexible standards, guaranteeing sturdiest and cheapest learning tool configurations. A public policy for the development of this type of standards and their promotion is to be promoted as much as possible. While globalization is associated with commercial eLearning which is until now synonym, in the majority of cases, with foreign learning management systems, open standards and open source software could give to teachers and learners the option to transpose the democratic ideal of public traditional face-to-face education into the domain of eLearning.

Virtual educational interactions could be made available at a reasonable cost, thanks to cheap and efficient on-line learning tools and proper training of online local tutors. This original trend, as integrated into a standardized approach in order to make compatible and interoperable software components developed throughout the world to facilitate online learning, could turn out to be an important factor in the widening of not only eLearning but also other knowledge construction procedures. So stakes on open standards and open source software are high and could offer new tracks for teachers and students, avid to promote online learning and with them, designers and developers of learning tools. It is the role of public and private institutions to help teachers, developers, local and distant students, to work together and form an horizontal distribution of knowledge relays, which will shape the educational public space of tomorrow as a place of equal opportunity for all.

A two-step approach

There is no point to define standards which do not correspond to real usages. When it is the case, there is a strong chance that this kind of standard will never be really implemented because it will not meet market needs. As far as eLearning is concerned, usages are still experimental. It seems necessary to implicate end-users, and among them, more particularly, learners, trainers and teachers, since we are dealing with education and training, to get their feedback on what is offered to them for testing purpose. Moreover, to go for definite standards while the field of eLearning is still under scrutiny, seems contradictory: there is no point to solidify processes and protocols while usages are evolving constantly. Although standards allow to gain system stability, a too hasty modelling would freeze usages, while increasing the conflict between a very fast renewal pace of technical tools and a much needed adaptation time for teachers, trainers and trainees. In this perspective, the approach of open standards (publicly made available at no cost), simple (easy to understand and to implement), extensible (to allow for future evolution of technology and market goals), appears a very interesting method to preserve users points of view along the legal standardization process.

Therefore, there is a need for proposing a two step approach where the first one consists in using basic standards while experimenting functions which will be consolidated once it will be proven they answer real needs. Common sharing of basic standards as available to users communities constitutes a timely compromise, because they present the advantage to be quickly operational, able to answer basic needs and respect economic constraints without preventing further development. Therefore, an agreement on basic market standards (as TCP/IP, HTTP, URL), corresponding to de facto standards, allows to give time to configure legal standards which will rely in the first place on observations of progressively stabilized usages. This implies that final standards will conform to compatible work organization and socially accepted learning modes. Thanks to this approach, will be hopefully identified essential functions needed by the student of tomorrow working on the Web. As they do not cover only technical domains, they affect also social organization as well as learning protocols.

Functional identifications and definitions are paramount to the whole process: without a thorough analysis, there is no chance for the standardization process to be performed successfully. Therefore, a close collaboration of users as well as test observers with software developers, is required in order to identify important hurdles, trends and success in the online learning process using communication tools. A thorough functional analysis is important because it tends to determine the way software components are organized : each will perform a group of associated functions, as it is the case for example with a chat tool or a white board tool. Pedagogical use of data related to a specific learner implies to build his profile by keeping track of possibly all his moves within the chat space. Handling this type of data needs to have them available in the first place. Therefore, precise specifications on the data file where are stored user's information pertaining to his behavior in the chat have to be written and included in the standardization proposal concerning inputs-outputs for chat tools for example.

Beyond the one-way knowledge transfer model used in the virtual class, it is advisable to consider collaborative model supported by tutoring as well as free collaborative model. In this perspective, the theory of selective information appears a good reference because it corresponds to new verified practices. The entity which can be a user, tutor, teacher, designer, administrator, can change nature according to properties which are attributed to it, in relationship with the operating space in which it places itself at a given moment. Besides, content management implies to index them with metadata and to administer them with a degree of granularity identified according to explicit conceptual graphs. This stage seems essential and will require important and continuous efforts to stabilize the communication protocols between tools and to make them transparent for developers, that is to say, easily understandable and practicable by means of implementation guides.
Modular architecture

The environment of online learning can be described as a combination of communication tools, used in collaborative and pedagogical follow-up procedures, which associates software components performing each, one or several basic functions. The best way to design an environment offering online learning tools, is to take a modular approach where each software component is a logical entity interfacing with the other ones, through interfaces where data exchange protocols are clearly defined. Functionalities must be attributed to a specific software component according to a coherent and consistent approach while taking into account the whole framework. DTD bindings are a first step towards standardization with XML specifications. We can imagine a second step with an API standardization process as proposed by the Québec conference of Rectors (CREPUQ) in their recent report on eLearning standards ( http://profetic.org/file/norm-0210-d-RAPPORT.pdf ).

If we visualize rows of software components, to go upwards means more integration of functionalities while going laterally, more differentiation among them. The main problem remains components compatibility and interoperability : when one decides to replace one component by another on the vertical axis, how to guarantee that it will work with the lateral components which have not evolved in the same time ? The proposed approach can be illustrated as a Lego type of process, consisting in putting together software components brought from different programming worlds but compatible and consequently adjustable one with the others, thanks to the standardization process. Consequently, if the accent is to be put on compatibility of these components, standardization of data exchanges between them becomes the heart of the process, coding of functions within software components being left to developers' choice.

The description of the component framework is done through WSDL. They are using operations from each other dynamically. A search for suitable operation can be started in a centralized registry (UDDI type) containing information of all available components/operations within the framework. Results of the search are the binding parameters (protocol, URL, etc.) of the matching operations. One half of the 'semantic description' are the parameters defined with XML schema types, the other one is the determination of the operation and its functionalities. Introducing a classification of operations makes possible to exchange one component with another independently developed, without changing the operations and performed functionalities. Therefore, the standardization process is occurring through the consolidation of operation descriptions.
Regional educational public good

The use of digital technologies has inevitable repercussions on practice and use of educational materials. It contributes also to generalize a cultural model which has been designed and applied in the West. If the Web is to become a common space shared by all human beings, it must integrate various approaches for learning and accept cultural differences. Such a proposal is set against the concept of liberal globalization, where only the economic factor is considered and applied all over the world. Standards should not be perceived as instruments aimed at the elimination of regional aspects and in the hands of major industrial actors, imposing them in such a manner that they are very difficult and costly to implement, tactic which can be assimilated to a protectionist trend.

There is a solution in the open standard approach presented above, where parameter bindings define only the interfaces between software components which can be developed in different ways, best suited to meet local and regional needs. Open, simple and extensible standards therefore present an option which seems more adapted to a perspective where expertise is shared on an equal basis while economic competition remains present but not with the objective of a monopolistic control. Public institutions can promote public usages of online learning tools and procedures by offering free access to educational resources and support open standards as well as open source software as a way to encourage sharing of knowledge.

The European Commission considers that standards are a mean for regulation of the globalization process. For example, two aspects might be taken into account to better answer its expectations. The enlargement to the candidate States of Eastern Europe brings the need to consider educational aspects that are appropriate for them. Collective preference leads each Member State to react differently when a European directive has to be applied. A European harmonization within the CEN (European committee for standardization) has to be done, where, for the time being, only recommendations are issued by working groups, the objective being to establish a correspondence between national, European and international standards. Therefore, Europe can make harmonized proposals within the present ISO standardization process and influence further negotiations by implementing a new definition of basic standards aimed at respecting various levels of cultural identity as well as lowering the cost of educational tools.

These remarks allow to widen the debate and to propose the approach of open standards linked with the component-based development method as being part of the definition of a common regional educational good, respecting regional and local differences, while asserting the necessity to protect educational public contents as free of rights and providing free access to it, consequently answering the imperative of education and training for all, instructing public institutions to negotiate preferential rates for telecommunications tariffs and copyrights. It covers also the necessary dialogue between teachers and developers so that educational needs are correctly addressed through the offer of adequate learning tools.